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"Traversée" 2004

Un homme est allongé nu sur un tapis de danse enduit d'huile pigmentée verte. A l'image d'un pendu à l'horizontal, il est accroché par le cou à un câble de 13m de longueur et relié à l'autre extrémité à un treuil. La performance de Yann Marussich n’a pas de durée spécifique. Le treuil est accessible à tous et actionnable. S'il est actionné, il s'enroule sur lui-même entraînant en sa direction Yann Marussich par le cou qui commence alors sa traversée sadique (public) et masochiste (Yann Marussich).

A partir du moment où le spectateur entre dans l’espace et quoi qu’il fasse, il est une partie intégrante de la performance. Le public a une entière liberté à tous les niveaux. Il n’y a aucune indication de marche à suivre. Aucun rôle ne lui est attribué sinon la responsabilité de sa propre personne, de sa propre opinion et de ses propres actes, et même de sa passivité. Pas de censure non plus. Il n’y a que des possibilités.

Sans instructions préalablement données, le public est confronté à lui-même et révèle ses désirs refoulés ou conscients face à un exercice de responsabilité tel que Stanley Milgram l'avait expérimenté dans Soumission à l'autorité entre 1960 et 1963. Le public est délibérément confronté à une dynamique de groupe, lieu investit d'espoir et de menaces.

Les individus sont reliés entre eux par trois relations possibles : sympathie, antipathie, indifférence. Il en ressort qu'avec un groupe géré démocratiquement l’agressivité accroît la productivité. Avec cette performance à hauts risques, Yann Marussich se met volontairement la corde au cou et expérimente les libertés individuelles d'auto-émergence au sein d'une audience.

Texte: Anne Rochat

A man is lying naked on a dance floor smeared with green pigmented oil. Like a hanged horizontally, it is hung by the neck to a 13m long cable and connected at the other end to a winch. Yann Marussich's performance has no specific duration. The winch is accessible to all and can be operated. If it is activated, it rolls up on itself, leading Yann Marussich by the neck in its direction, which then begins its sadistic (public) and masochist (Yann Marussich) crossing.

From the moment the spectator enters the space and whatever he does, he is an entire part of the performance. The public has complete freedom at all levels. There is no indication of what to do next. No role is attributed to him except the responsibility for his own person, for his own opinion and his own actions, and even for his passivity. No censorship either. There are no possibilities.

Without presented instructions given, the audience is confronted with itself and reveals its repressed or conscious desires in the face of an exercise of responsibility such as Stanley Milgram had experienced in Submission to Authority between 1960 and 1963. The audience is deliberately confronted. to a group dynamic, a place invested with hope and threats.

Individuals are linked to each other by three possible relationships: sympathy, antipathy, indifference. It emerges that with a democratically managed group aggressiveness increases productivity. With this high-risk performance, Yann Marussich is voluntarily tying the knot and experimenting with individual freedoms of self-emergence within an audience.

Text: Anne Rochat

Yann Marussich